Article invité : Les effets néfastes des écrans sur nos enfants

Aujourd’hui, sur le blog, je vous propose un article rédigé par Romain Pillard sur les effets néfastes des écrans sur nos enfants. Le but n’étant pas de culpabiliser les parents mais de nous amener tous à réfléchir ensemble au sujet. Je vous donnerai mon avis dans quelques jours!

« La société, les encadrants et les soignants ont désormais suffisamment de recul sur le phénomène pour pouvoir en parler avec une forme de justesse et de pertinence qui ont longtemps fait défaut lorsque le sujet était traité. Par le biais des lobbies, par la manière très hypocrite que nous avons parfois de vouloir nous dédouaner, voire nous déresponsabiliser -au crible de cet illusoire subterfuge vis à vis de l’éducation que nous donnons à nos enfants-, la télévision tout d’abord, puis les écrans dans une plus large perspective, ont souvent bénéficié d’une forme d’indulgence lorsqu’il s’agissait de réaliser à quel point leur surconsommation pouvait effectivement impacter de façon négative la construction d’un être. Surtout lorsqu’il y était soumis de manière trop intense, et trop longue au quotidien au cours de ses jeunes années. Ne nous mentons pas, même chez les adultes, passer trop de temps à contempler des amas de pixels, fussent-ils désormais aussi magnifiquement et finement agencés que la technologie le permet, à grand renfort de 4k, de LED et autres technologies plasma, l’impact négatif sur notre comportement et même sur notre santé est scientifiquement démontré ; et ce qui est valable pour l’adulte l’est évidemment d’autant plus pour l’enfant. Penchons-nous le temps de cet article sur ce mal somme toute moderne, qui ne cesse de croître parmi les plus jeunes tranches d’âge, à mesure qu’augmente leur consommation d’écran ; ce mal qui ne semble pas sur le point de s’interrompre et encore moins de s’inverser avec la toute puissance de ce nouvel organe externe récemment littéralement greffé à la main droite ou gauche de ces populations juvéniles : le portable.

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I/ Là où le bas blesse…

        

Les études alarmistes sur la multiplication tant des écrans dans la vie de nos enfants, que du nombre d’heures passées comme hypnotisés par leur doux ronrons numériques, s’additionnent désormais au point que la question ne se pose même plus : oui nos enfants voient leurs capacités cognitives voire intellectuelles décliner avec le temps. Des articles avec des titres évoquant sans concession la « crétinisation numérique » ou, pour faire plus imagé « la fonte de la neige cérébrale sous le soleil du pixel », sont désormais chose commune et les études ont tendance à montrer qu’en la période actuelle (de distanciation sociale, de couvre-feu, voire de confinement), encore plus complexe à gérer pour ce qui est d’occuper son temps et plus particulièrement celui de ses enfants, et bien nous n’allons pas vers une amélioration de ce triste constat. Quel impact les écrans, à haute dose, peuvent-ils bien avoir sur la psychologie de nos enfants ? Voilà le thème autour duquel nous allons articuler notre contenu du jour…

 

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Si l’on en croit des chiffres récents, il faut savoir qu’en moyenne, à l’heure actuelle, les enfants de 2 ans passent jusqu’à 2 heures et demi par jour devant les écrans, ceux de 3 ans peuvent dépasser les 3 heures et demi, et à 5 ans, avec l’arrivée de l’école, le total certes redescend, mais demeure tout de même dans une moyenne de 1 heure et demi à 2 heures…  S’agissant des tranches d’âges supérieures, les variations sont si importantes entre les enfants, qu’établir une moyenne n’a pas de réelle pertinence. Si l’on en croit certains spécialistes, l’idéal serait de pouvoir accorder une heure par année d’âge et par semaine ; comprenez par là, pour vous donner un exemple, qu’un enfant de 6 ans devrait pouvoir passer environ 6 heures par semaine devant des écrans, que ce soit la télévision, l’ordinateur, la tablette ou le portable, et il faudrait pouvoir plafonner le total à un maximum de 12 heures hebdomadaires.

Ce qu’il faut bien garder à l’esprit, c’est que tout le temps passé à regarder la danse des pixels se jouer sous ses yeux, l’enfant est comme soumis à une séance d’hypnose, c’est à dire que son cerveau se met en mode veille si l’on peut dire, et ceci est très dommageable pour son développement. Contrairement à une idée reçue du passé, l’apprentissage de la langue, ou des langues, ne se fait pas de manière efficace lorsque l’on se plonge dans un programme télévisuel de manière passive ; en outre, la lumière bleue est relativement mauvaise pour les yeux des tout petits, alors réduisez-en les plages. Ce sont les échanges directs, d’humain à humain, qui sont le b. a. ba de la communication, tant pour l’oreille que pour le phrasé et la construction de ce qui deviendra par la suite une syntaxe correcte, modulable et spontanée.

En France, en moyenne, chaque foyer possède pas moins de 5 écrans, tous confondus, c’est à dire entre la télévision, les ordinateurs, les tablettes et les téléphones portables, et si nous devions commencer par un tout premier conseil, celui-ci serait de ne pas mettre à disposition de votre enfant, dans sa chambre par exemple, un écran en « libre service ». Cela aura pour effet, inévitablement, de le pousser à l’allumer dès lors qu’il sentira poindre le fameux « ennui », par lequel, lorsque nous y avons été soumis à notre époque, nous avons développé notre imagination et notre monde intérieur, au contact de livres, ou de notre propre reflet dans le miroir de notre âme.

Pour mieux comprendre les effets réels d’une surexposition aux écrans sur le développement des enfants, les études sont on ne peut plus claires et décrivent un bagage de vocabulaire assez nettement moins fourni, une capacité de lecture moins poussée, plus balbutiante, et un temps de réaction pour nommer les objets très sensiblement supérieur. Si la consommation dépasse un certain seuil, l’impact sur ce que l’on appelle la « substance blanche », qui est garante du nombre de connexions entre les neurones des différentes parties de notre cerveau, est lui aussi parfaitement démontré. Dans un même ordre d’idée, les scientifiques ont également parfaitement mis en relation un amincissement significatif et prématuré du cortex cérébral (qui correspond peu ou proue à un vieillissement du cerveau avant l’heure) chez les enfants dont l’utilisation de smartphones, PC et autres tablettes dépassait les 7 heures quotidiennes. Lorsque c’est le cas, la fameuse élasticité de notre cerveau perd de sa superbe et l’apprentissage ainsi que la faculté de se concentrer sur un sujet ou sur une activité donnés prennent une bonne rafale de plomb dans l’aile…

Outre ces symptômes physiologiques qui peuvent s’avérer extrêmement pénalisant dans la construction de son être, l’enfant qui surconsomme les écrans connaîtra aussi tout un cortège d’autres symptômes, qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Parmi ces derniers, on peut notamment citer une tendance accrue à la dépression nerveuse, un manque de sommeil ou de sévères difficultés d’endormissement, une propension à tendre vers une forme plus ou moins marquée d’obésité (causée par la sédentarisation excessive de l’enfant trop longtemps absorbé par ses écrans, et donc le manque cruel d’exercice physique…), des troubles relationnels en famille et en dehors, ou encore une augmentation de l’anxiété et/ou du stress dans la vie de tous les jours. Ces symptômes ont aussi toutes les chances de s’additionner et il est très fréquent que l’enfant souffre de plusieurs d’entre-eux, alors il ne faut pas laisser le malaise s’installer.

Dans un autre ordre d’idée, on entend souvent parler de l’addiction aux écrans, et même si ce constat est le plus souvent patent auprès d’un public d’adolescents, ne vous y trompez pas, les enfants plus jeunes sont eux aussi bel et bien en danger. A ce sujet, il faut d’ailleurs préciser que plus les « mauvaises habitudes » sont prises tôt, plus elles seront difficiles à oublier ou même à s’éroder avec le temps, alors faites-en sorte que les plis ne soient pas trop pris, car le repassage en sera d’autant plus usant et difficile.

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II/ Quelques lieux communs à réfuter, quelques tuyaux et de l’espoir…

Après avoir dressé ce constat peu reluisant des impacts néfastes que peuvent avoir les écrans sur nos petites têtes blondes, brunes ou rousses, nous tenons à présent à prendre le contre-pied vis à vis de certaines idées préconçues qui n’ont aucun fondement scientifiques, mais qui, il faut le reconnaître, ont la fâcheuse tendance à faire les gros titres de certaines parutions un peu racoleuses, et à servir d’argument massue fallacieux dans bien des conversations. Le but de cet article est moins d’effrayer les parents ou les hypothétiques jeunes lecteurs, que de dresser un constat lucide sur la situation, sans verser dans le sensationnalisme ou la dramatisation à outrance, alors tâchons de rétablir certaines vérités, qui sont parfois mise à mal par des esprits retors, paranoïaques ou très mal informés.

Pour commencer, il nous semble primordial de démystifier le lien de causalité établi de façon incontestable par certains, entre l’exposition abusive ou même seulement normale, aux écrans,  et les troubles épileptiques. Ce qui est indubitable, c’est que l’exposition aux écrans peut être un facteur déclenchant chez des sujets qui sont déjà diagnostiqués comme photosensibles, mais en aucun cas ceci peut être considéré comme une cause à part entière. Attention toutefois, il faut savoir que la fatigue, la distance vis à vis de l’écran, ainsi que la fréquence de balayage de ces derniers peuvent malgré tout être considérés comme des facteurs aggravants chez les sujets qui souffrent déjà d’épilepsie (on recommande le 100 Hz par rapport au 50 Hz ; 15 éclairs par seconde semblant être le taux de balayage le plus préoccupant) ; mais encore une fois, un enfant qui n’est pas photosensible à la base, ne risque à priori absolument rien.

Une autre élucubration souvent relayée par certains parents qui sont tombés sur de mauvaises parutions ou qui se sont mal informés, tient en cette idée saugrenue que la surexposition aux écrans peut amener un enfant à développer des troubles autistiques plus ou moins graves ou profonds. De nombreuses études ont été menées en ce sens, et il en résulte au final qu’aucune d’entre elles n’a permis de mettre en évidence de véritable lien de causalité. Pour toutes celles et tous ceux qui avaient en tête ce type d’angoisse, libérez-vous en sur le champ et définitivement, car ce n’est tout simplement ni fondé ni étayé par quelque étude que ce soit.

Pour clôturer cette seconde partie, sans faire trop long cependant, nous aimerions désormais prendre un petit peu de temps pour tâcher de vous faire comprendre que les écrans, et le monde numérique, en eux-mêmes, ne sont pas nécessairement des boulets que vous attachez à l’esprit et au corps de votre enfant, vis à vis de son développement.

Comprenez que si vous réduisez le temps d’écran autorisé, que si vous parvenez à sélectionner ou à contrôler les contenus « consommés », que si vous donnez l’exemple de quelqu’un qui ne passe son temps sur ou derrière les écrans, et bien votre enfant pourra tout à fait tirer un vrai bénéfice de son temps d’écran et ainsi en faire un véritable atout, dans ce monde hyper connecté que le 21ème siècle. D’une manière générale, on estime qu’il est surtout important d’accompagner l’enfant dans l’usage qu’il fait des écrans, avec une forme de pédagogie qui doit varier en fonction de l’âge de l’enfant évidemment. Tâchez de ne pas être absolutiste non plus, car il ne serait pas nécessairement très positif de couper tout à fait les tout jeunes de ces technologies qui font le monde d’aujourd’hui et qui continueront de faire le monde de demain. A terme, cela pourrait même complètement les aliéner vis-à-vis des camarades, une fois que l’école ou qu’une association (de sport ou de loisir) aura été intégrée par exemple.

 

Il faut aussi savoir que si vous parvenez à conserver des stimulations très variées chez l’enfant, alors le numérique peut aussi avoir de véritables vertus, car c’est un outil qui propose des solutions extrêmement variées et des applications pour faire à peu tout ce qui est imaginable (dessin, coloriage, musique, etc.) ; l’écran se transforme alors en une sorte d’outil « omnipotent » et permet d’accéder à une quantité de savoirs et de connaissances incommensurables. Mais en contrepartie de cette variété, les parents doivent aussi veiller à ce que l’enfant ne développe pas de trop cette faculté à zapper de minute en minute vers, ici vers une nouvelle application, là vers un autre jeu etc. Cette tendance est souvent observée et pourrait amener le tout jeune enfant à très vite considérer la plupart des choses sous un angle relativement superficiel, tant en matière de traitement de l’information par exemple, que des recherches sur tel ou tel sujet ; et cela pourra s’avérer vraiment pénalisant pour la suite, notamment dans un cadre scolaire ou d’apprentissage.

Pour faire simple, il faut essayer de faire des écrans une sorte de partenaire, un peu comme nos parents ont tenté, avec plus ou moins de succès, de le faire avec nos illustres encyclopédies ou dictionnaires, qui trônaient dans le salon et qui permettaient de creuser tel ou tel sujet lorsque la situation le requérait, ou qu’une question émergeait au sein de la famille. Les nouvelles technologies peuvent donc avoir une véritable valeur ajoutée en termes de créativité et pour ce qui est de la sociabilisation, alors il ne faut pas nécessairement jeter le bébé avec l’eau du bain, comme on dit, et plutôt considérer que ce sont les dérives qui impactent négativement l’enfant, et non le ou les médias en eux-mêmes.

 

Conclusion :

Pour peu que vous parveniez à garder le contrôle du temps d’utilisation des écrans et à permettre à l’enfant de réellement cloisonner le virtuel du réel, comme nous l’avons vu, il est possible de retirer du positif de l’utilisation de ces nouvelles technologies qui nous effraient parfois un peu, dépassés que nous nous sentons par leur omniprésence… Cela passe par une implication au quotidien dans l’emploi du temps de votre enfant, et par un temps dévolu à se tenir informé de sa manière de « consommer » le numérique. Il est vrai que nous n’avons sans doute pas pu aborder toutes les thématiques au cours de cet article, mais il nous semble que nous avons souligné les principales, à savoir les risques liés aux excès, tout en tâchant aussi (brièvement) de montrer que l’outil pouvait être utilisé dans le but de solliciter la curiosité et d’approfondir la culture, s’agissant de n’importe quel sujet ou presque. Ne prenez pas peur, donc, si votre enfant vous serine et semble se passionner pour les pixels, c’est légitime (sinon naturel…) dans le monde que nous connaissons, l’important pour faire court sera plutôt de faire en sorte qu’il n’en abuse pas et qu’il se « nourrisse » de l’écran, à bon escient ! »

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N’hésite pas à venir me donner ton avis! J’ai aussi le mien et il diffère un peu de celui exposé ci-dessus… Je respecte tous les avis, et le débat doit être constructif et les propos respectueux! MERCI